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ECONOMIE / BANQUE :Hausse de 14.7%  de chiffre d’affaire dans  secteur bancaire togolais au 1er semestre de 2016

Malgré une forte prolifération des banques au Togo, les signaux restent toujours au vert dans le secteur bancaire togolais au vu de la hausse de 14.7% de chiffre d’affaire au premier semestre de l’année 2016, soit 256,5 milliards de F CFA.

Cette progression du total bilan s’explique par l’augmentation des ressources et des emplois. Ainsi, la hausse des ressources est liée à la progression des dépôts de 71,6 milliards de F CFA et diverses autres ressources, conjuguée à la baisse des fonds propres nets. Cette évolution s’est accompagnée d’une dégradation de la qualité du portefeuille et d’une détérioration de la trésorerie avec une dégradation de la rentabilité. En effet, le taux brut de dégradation du portefeuille est passé de 16,4% en Juin 2015 à 20,2% à fin Juin 2016 du fait de l’accroissement des créances en souffrance brutes (+29,5%)  soit un montant global de 54,9 milliards de F CFA constaté au niveau de huit banques. Le niveau des créances douteuses et litigieuses a augmenté de 69,5 milliards de F CFA entrainant des provisions supplémentaires de 64,5 milliards sur un an.

La trésorerie des banques quant à elle, s’est détériorée de 153% à cause de la progression des emplois  qui ont connu une hausse de 211,7 milliards) plus que celle des ressources  qui est de 53,5 milliards).

La rentabilité a connu une régression de 45,6%. L’activité se solde en effet par un excédent des produits sur les charges de 3,8 milliards à fin Juin 2016 contre 7 milliards il y a un an. Cette baisse de rentabilité s’explique par la progression des frais généraux de 13,3%  plus forte que celle des Produits Net Bancaire qui n’ont enregistré que 3,3% conjuguée à la hausse des provisions  de 53,3%.

Selon la BCEAO, l’analyse de l’évolution des principaux indicateurs d’activités du système bancaire au 30 Juin 2016 comparativement au 30 Juin 2015, est caractérisée par une augmentation des emplois  de 14,5%, plus importante que celle des ressources collectées qui n’est que de  3,9%, induisant ainsi une aggravation de déficit de trésorerie. En revanche, l’activité d’intermédiation s’est caractérisée par une hausse des dépôts  de 5,9%  contre une légère baisse des crédits de -0,8%. La répartition sectorielle des crédits bancaires a connu une légère modification à fin juin 2016 par rapport à fin Mars 2016 du fait de l’accroissement de la part de la branche  »industrie manufacturées » par rapport à celle de la branche  » Transport, entrepôts et communication ». En outre, on note une régression dans les branches  » Agriculture, chasse, sylviculture et pêche »,  » commerce de gros et de détails », Transports, entrepôts et communication » et  »Banques, assurances, affaires immobilières et services » par rapport à fin Mars 2016 et fin Juin 2016. Par rapport au 1er trimestre de 2016(31 Mars 2016), on note un relèvement de la part des crédits accordés aux branches  » industries extractives de 0,10 point, l’ »industries manufacturières enregistre +0,4 point, l’électricité et le gaz » +0,67 point  et le   » service à la collectivité, sociétés et personnes » +0,48 point.   Si nous faisons une analyse par rapport au 30 Juin 2015, on observe une amélioration pour les crédits accordés aux branches  »industries extractives »  de 0,08 point,  » Electricité, eau, gaz »  de 0,35 point,  »BTP » de 1,52 point et services à la collectivité, société à la personne » de 2,01 points.

 

Au terme donc du deuxième trimestre 2016, la solvabilité du système bancaire togolais s’est dégradée de 3,4 points par rapport à fin Mars 2016 suite à la baisse des fonds propres du secteur, conjuguée à une progression des risques pondérés. En effet, le ratio fonds propres sur risques est passé de 7,1% au 31 Mars 2016 à 3,7% au 30 Juin 2016, pour une norme minimale de 8%, du fait de la baisse des fonds propres effectifs du secteur de -45,5% contre une hausse des risques pondérés de 3,3%. Sur le plan individuel, trois banques ne respectent pas la norme liée à ce ratio au 30 Juin 2016 tout comme à fin Mars 2016.

En glissement annuel, les performances du système bancaire togolais, au regard du dispositif prudentiel sont globalement en recul par rapport à fin Juin 2015 du fait de la diminution du nombre de banques respectant le nombre de ratios malgré l’amélioration du coefficient de liquidité.

Cette situation fait suite à la régression des fonds propres de base et effectifs ainsi que la dégradation des ratios de fonds propres sur risques, de couverture des employés à moyen termes par des ressources stables, de crédits aux dirigeants ainsi que des coefficients du plus fort engagement et de division des risques. Cependant, il est noté une amélioration du niveau global de liquidité.

Les  perspectives dans ce secteur

Selon les perspectives de la BCEAO sur la base des données disponibles au 31Juillet 2016, la situation des Etablissements de crédit du Togo est en légère amélioration, marquée par une hausse de 1,5% du total bilan, de 3,9% des dépôts et de 0,7% des crédits par rapport à fin juin 2016. Toutefois, le marché bancaire togolais continue de s’accroitre, eu égard aux perspectives d’évolution du paysage bancaire marqué par la poursuite de l’extension du réseau bancaire et au démarrage prochain des activités du Bureau d’Information sur le Crédit (BIC) au Togo.

Les perspectives pour le secteur bancaire togolais  s’annonce favorables, avec l’adoption, lors du Conseil des ministres de l’UMOA des 24 et 25 Juin 2016, d’un certain nombre de projets de textes et documents tels que:

– Le nouveau dispositif prudentiel et le cadre de supervision sur base consolidée

– Le référentiel comptable des établissements de crédit de l’UMOA

– La loi uniforme portant organisation du crédit-bail dans les Etats membres de l’UMOA