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Etienne Tshisekedi, opposant jusqu’à la mort

Depuis le mercredi 01 février, l’opposant historique de la République démocratique du Congo (RDC) Etienne Tshisekedi qui venait d’être désigné président du comité de suivi de l’accord de Saint Sylvestre du 31 décembre 2016 dernier, pour une sortie de crise en RDC, a tiré sa révérence depuis Bruxelles en Belgique où il était parti suivre des soins.

A 84 ans, l’octogénaire a passé la grande partie de sa vie dans la politique. L’homme a d’abord été aux premiers jours du régime Mobutu un des militants convaincus de ce régime avant de devenir plus tard, l’un des opposants les plus radicaux du régime dictatorial du maréchal  Mobutu à la fin des années 80. Son charisme et surtout sa victoire volée à l’élection présidentielle de 1991 par Mobutu alors qu’il était premier ministre de la transition du Zaïre, vont faire lui  l’homme le plus populaire et le plus charismatique avec son UDPS.

Il mène contre vents et marrées, une lutte sans merci contre le maréchal jusqu’à l’éclatement de la rébellion de Laurent Kabila en 1997 qui aura raison du vieux maréchal. L’home va rester opposant de Laurent Kabila jusqu’à l’assassinat de ce dernier en 2001 et la prise de pouvoir de joseph Kabila Kabangué. Il ne faiblit pas dans la lute malgré le poids de l’âge. Après une fois encore sa victoire volée par Joseph Kabila en 2011, il part s’installer à Bruxelles.

Malade et annoncé plusieurs fois mort, il fera un grand retour triomphal le 27 juillet 2016 après deux à l’extérieur pour apporter son soutien à l’opposition et lancer la résistance contre le passage en force de Joseph Kabila Kabangué à se maintenir au pouvoir.  Il fut accueilli par de milers de personnes depuis l’aéroport à son domicile avec des bougies allumées.

Après avoir réussit à mener une lutte sans merci contre le glissement de mandat de Kabila et surtout son départ enfin 2017, Tshisekedi en étant à la tête d’une coalition de six partis politiques majeurs de l’opposition congolaise, obtient l’accord dit de la Saint Sylvestre avant de quitter pour toujours, son Congo natal pour un suivi médical à Bruxelles d’où il ne reviendra plus jamais vivant. Il quitte ainsi le Congo au moment où, son pays avait plus que jamais besoins encore besoin de sa sagesse, son expérience et surtout ses services pour la mise en œuvre de l’accord du 31 décembre 2016.

Qui va le remplacer à la tête de ce comité de suivi ?  Comment obtenir un consensus sur la nomination du Premier ministre ? Toutes ces questions restent posées et ne vont pas accélérer les négociations qui sont déjà difficiles. Même l’Eglise catholique, médiatrice de ces discussions, reconnait que Etienne Tshisekedi est mort à un moment crucial de l’histoire de son pays.

 

JCB