visites

Interview de Nicodème Ayao Habia

« On ne peut pas laisser Baguida première capitale du Togo pour ériger Agoenyivé en préfecture.»

Sept mois après la création de son parti politique ‘’Les Démocrates’’, Nicodème Ayao HABIA, dans cette interview exclusive nous parle des objectifs du parti, ses activités et se prononce sur l’actualité nationale

Miroir Infos : Bonjour mon le président, sept mois après le lancement officiel de votre parti ‘’les Démocrates’’, comment vous et votre parti, portez-vous ?

Nicodème Ayao Habia : Nous nous portons très bien et vous-mêmes vous voyez ce que nous faisons sur le terrain. En un mot, ‘’les démocrates’’ se portent très bien.

Miroir Infos : Pouvez-vous nous rappeler brièvement les objectifs qui sous-tendent la création de ce parti au moment beaucoup militent pour un regroupement de l’ensemble des partis de l’opposition ?

Nicodème Ayao Habia : Tout d’abord, notre objectif, c’est l’éveil de conscience surtout de la jeune et la population toute entière. Car depuis un temps la population togolaise ne s’intéresse plus des questions politiques et étant des ancien sur la scène politique togolaise, nous avons décidé ensemble de créer ce nouveau parti,  qui est ‘’les Démocrates’’. Nous ne sommes pas là pour faire la loi aux autres partis politiques surtout de l’opposition mais nous sommes venus pour les aider et nous aider à mettre de l’ordre dans la maison. Voilà la raison pour laquelle nous ‘’ Les Démocrates’’ nous sommes là.

Miroir Infos : Mettrez l’accent sur l’éveil de consciences des masses pour une alternance politique effective au Togo. Comment vous vous prenez pour y parvenir et quels en sont les moyens dont vous disposez ?

Nicodème Ayao Habia : Nous sommes déjà sur le terrain parce que nous pensons qu’il faut repartir à la base, redonner vie à la politique. Réorganiser la population pour qu’elle s’intéresse à la politique. Car nul n’est apolitique tant qu’on vit. Nous voulons aller dans nos villages, nos hameaux discuter avec nos parents et les expliquer pourquoi il faut qu’ils s’intéressent à la politique. Sinon, je pense que notre politique sera vaine.  La mobilisation de la base, la réorganisation de la population pour faire face à nos adversaires parce que beaucoup de personne se plaignent aujourd’hui qu’ils ont soufferts, ils se sont battus mais ils sont déçus. Nous, ‘’les Démocrates’’, nous disons, ‘’quand on vit, on espère’’. Voilà en quelque sorte la stratégie  du parti ‘’les démocrates’’.

Miroir Infos : Beaucoup de partis ont dit la même chose mais cela n’a rien donné. De quels moyens vous autres disposez pour y parvenir ?  

Nicodème Ayao Habia: vous savez, avant que Barack Obama n’arrive au pouvoir, plusieurs l’ont devancé et ont même laissé leur vie. Mais aujourd’hui Obama est président des Etats-Unis d’Amérique. Nous savons que nos parents se sont battus pour les indépendances, nos ainés se sont battus pour l’avènement de la démocratie,  aujourd’hui, nous jeunes nous sommes là pour continuer cette lutte et nous pensons qu’elle va aboutir positivement. C’est vrai que beaucoup ont dit la même chose, mais nous pensons que nous ‘’les démocrates notre lutte va aboutir.

Miroir Infos : Quelles actions avez-vous déjà mené sur le terrain sept mois après ?

Nicodème Ayao Habia : Ecoutez, aujourd’hui même, notre responsable à l’organisation qui est encore l’une des responsables des femmes ira installer un bureau des femmes d’un quartier de Lomé. Samedi, nous irons ailleurs, dimanche aussi. C’est dire que nous sommes entrain d’installer le parti sur l’ensemble du pays,  afin  de disposer des structures à la base pour mieux mener notre lutte. Donc, nous avons déjà installé d’autres bureaux du parti dans d’autres localités et nous continuons nos actions de sensibilisation sur le terrain. Nous avons un calendrier très chargé.

Miroir Infos : Lors du lancement de votre parti,  vous aviez dit monsieur le président que le parti ‘’les Démocrates’’ vient régler les différentes querelles qui minent l’opposition au Togo. Comment comptez-vous faire ?

Nicodème Ayao Habia : nous n’avons pas dit que nous allons régler les problèmes mais nous disons que nous le sel qu’on va mettre dans la sauce pour que la sauce ait un bon goût. Dès notre lancement nous avons envoyé des courriers aux autres partis politiques pour les rencontrer et échanger. Nous avons déjà commencé par les contrer certains. Bien que nous soyons un jeune parti, nous ne sommes nouveaux en politique. Nous avons déjà fait nos preuves par le passé. Nous avons l’expérience dans tous les domaines.

Miroir Infos : On sait qu’un grand parti de l’opposition en occurrence le CAR, fait face à des querelles internes depuis plusieurs mois maintenant, avez-vous tenté de les régler ?

Nicodème Ayao Habia : Non, vous savez quand vous êtes dans une maison et vos parents et vos oncles se querellent il faut les observer d’abord, mais nous les interpelons afin qu’ils fassent balle à terre car si le CAR se fragilise aujourd’hui, c’est l’ensemble de l’opposition qui est fragilisé.

Miroir Infos : vous dites avoir écrit aux partis politiques. Est-ce que vous avez déjà rencontré, l’UFC votre ex-parti ?

Nicodème Ayao Habia : Nous avons écrit aux partis politiques mais nous n’avons pas écrit au parti UNIR et aux partis qui travaillent avec UNIR. Ce sont aux partis de l’opposition que nous avons écrit. Mais l’UFC et ‘’les Démocrates’’ ne sont pas des  ennemis. Vous savez très bien qui est Gilchriste Olympio. Il a marqué son temps.

Miroir Infos : Pourquoi vous n’aviez pas écrit à l’UFC ? 

Nicodème Ayao Habia : Non, il a ses éléments dans le gouvernement aujourd’hui et il travaille avec UNIR.

Miroir Infos : Est-ce que le simple fait d’être au gouvernement l’exclu de l’opposition  quand on sait que dans plusieurs pays comme au Sénégal, Wade était toujours au gouvernement mais il était toujours opposant? 

Nicodème Ayao Habia : Le cas d’Abdoulaye Wade est différent. A  l’approche de toutes les élections il quittait le gouvernement. Mais l’UFC n’a jamais quitté le gouvernement et pire ils soutiennent UNIR. Nous avons des preuves.

Miroir Infos : Revenons à l’actualité du moment au Togo. Monsieur le président, la création de nouvelles préfectures et la décentralisation créent polémique depuis un moment entre le pouvoir et l’opposition parlementaire. Que pensez-vous au  parti ‘’les Démocrates’’ ?

Nicodème Ayao Habia : La décentralisation est une bonne chose en ce sens qu’elle permet le développement des localités. Mais savez, quand un politique pose un acte, il y a souvent quelque cachée derrière et c’est cela qui fait que les gens sont contre la création de la préfecture d’Agoenyivé et nous disons qu’il y a les cantons comme Baguida, Aflao, Zangéra qui sont aussi de grands canton qu’il faut aussi ériger en préfectures afin que ces localités se développent comme Agoé.. Nous ne sommes contre la décentralisation, nous des démocrates et quand c’est bon nous allons le dire. Donc nous souhaitons la même chose pour les autres cantons de Lomé.

Miroir Infos : Est-ce qu’il ne faut pas aller progressivement ? 

Nicodème Ayao Habia : Progressivement pourquoi. L’histoire nous dit que Bagida est la première capitale du Togo. On ne peut pas laisser Baguida pour ériger Agoenyivé en préfecture. Ce n’est pas normal.

Miroir Infos : Vous étiez à la rentrée politique du parti ADDI qui a annoncé l’élaboration d’un projet de proposition de loi. Comment analysez-vous cette initiative au niveau des ‘’Démocrates’’ ?

Nicodème Ayao Habia : Nous sommes d’accord et nous soutenons cette initiative du parti ADDI. C’est une bonne chose.

Miroir Infos : Lors de la célébration du 56ème anniversaire de l’indépendance du Togo, une fête nationale pour tous les togolais mais vous avez opté pour le boycotte. Pensez-vous qu’en tant que démocrates c’est la meilleure chose ?

Nicodème Ayao Habia : Aujourd’hui, selon le rapport du FMI, le Togo est le pays le plus endetté de l’UEMOA après avoir été le pays le plus malheureux de la CEDEAO et vous allez nous dire de fêter avec faste la fête de l’indépendance. Nous pensons qu’il faut qu’on ait notre indépendance totale et chacun soit alaise avant de penser fêter avec faste le 27 Avril.

 

Interview   réalisée par  Jean-Claude BAKALI