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Interview de Youssouf Ouattara, coordonnateur du parti UNIR de la Préfecture de l’Oti

« …aux militants et sympathisants, je leur dis de garder espoir…. le Gouvernement, sous l’impulsion du Chef de l’Etat, est à l’œuvre pour les satisfaire, patience donc, « SAWARI ».

Youssouf Wattara, coordonnateur du  parti Union pour la République (UNIR) de la Préfecture de l’Oti,  Directeur Général Adjoint de la LONATO  est l’invité de la rédaction du journal Libération.  Dans cet entretien, il parle de la coordination dont il est l’un des premiers responsables. Il a ensuite décrit l’atmosphère qui prévaut dans la ville de Mango deux ans après les soulèvements  des populations contre un projet de réhabilitation des aires protégées par le gouvernement.  Sans langue de bois, le coordonnateur du parti UNIR dans l’Oti a  également parlé de leur formation politique et de son bilan cinq ans après sa création. Il  n’a pas passé sous silence la sensibilisation des militants et sympathisants de UNIR dans l’Oti  lors de la rentrée politique de ce parti. Parlant de sa candidature, M. Youssouf  Wattara estime qu’il est trop  tôt d’en parler, le choix des candidats étant du ressort de leur formation politique. Il a par ailleurs  parlé de ses rapports avec la base qui, selon lui, sont  cordiaux. Il  a enfin demandé aux militants et sympathisants de garder espoir car  dit-il, une aube nouvelle s’est levée sur l’OTI et sur Mango avec UNIR et son Président, Faure Essozimna GNANSINGBE et que le gouvernement sous sa houlette est à l’œuvre pour les satisfaire sans crier gare. Pour cela,  le coordonnateur du parti Union pour la République  leur demande ceci,  « SAWARI », qui signifie en langue locale beaucoup de patience. Lisez-plutôt

Vous êtes coordonnateur du parti Union pour la République(UNIR) de la préfecture de l’Oti. D’abord, dites-nous  comment va la coordination ?

Youssouf  Ouattara : La Coordination se porte bien dans l’Oti. Cela ne peut en être autrement, car elle se réjouit toujours du résultat des dernières élections présidentielles ou elle a pu obtenir un résultat de 82% sur le plan local  et que c’est son candidat qui a été élu sur le plan national. Il y a lieu de faire remarquer que  cette coordination est composée de deux personnes, le ministre Noupokou Dammipi  et moi-même. Cette coordination pour le moment couvre la Préfecture de l’Oti et la Préfecture de l’Oti Sud.

En novembre 2015  les populations de Mango se sont soulevées contre un projet de réhabilitation des aires protégées  initié par le gouvernement dans cette préfecture. La répression a été sanglante. Un climat de méfiance s’est installé au sein de la population. En tant que fils du milieu, décrivez-nous un peu l’atmosphère qui prévaut actuellement dans la ville de Mango deux ans après ?

C’était une page très sombre  de l’histoire de notre milieu. Des personnes mal intentionnées avaient  cherché à exploiter cette situation pour y semer le chaos. Dieu merci tout est revenu presque à la normale sauf pour ceux qui ont gardé des séquelles physiques ou ceux qui ont subi des dommages matériels considérables, et bien sûr les décédés qui ne peuvent plus revenir parmi nous. (Paix à leurs âmes). En dehors de ces cas déplorables qui ont laissé des traces indélébiles, il n’y a plus de signes visibles des regrettables troubles. Les activités ont repris leur cours normal.

Après ces soulèvements, le parti UNIR et ses cadres ont été voués aux gémonies par ces populations. Aujourd’hui, comment se porte votre formation politique UNIR dans  cette préfecture ?

Non ce n’est pas tout à fait ça; c’est l’ensemble des jeunes de la préfecture qui se sont soulevés, sans considération politique. Il y avait bien des militants et sympathisants de UNIR sur les barricades de même que ceux de l’opposition. Pour les militants de l’opposition les cadres UNIR sont complices du gouvernement de vouloir restaurer la Faune d’antan; tous leurs griefs partent de là. Mais pour l’ensemble de ces jeunes, les cadres UNIR ont péché en désertant la ville durant toute la période d’insécurité. Une fois le calme revenu, nous, c’est-à-dire la coordination et cadres,  sommes expliqués  mutuellement avec nos militants  et chacun  a reconnu ses responsabilités. Le Parti UNIR a désormais  retrouvé son unité et sa vigueur; cela a été confirmé lors  notre rentrée politique qui a été un succès.

UNIR votre parti a fêté ses cinq ans d’existence le 14 avril passé, quel bilan selon vous,  peut-on retenir de ce parcours ?

Nous ne sommes pas habileté à faire le bilan d’un si grand Parti. Toutefois,  nous pouvons affirmer que le bilan est largement positif. Au niveau local nous pouvons relever que sous la bannière de UNIR, nous avons assisté  au renouvellement des cadres, avec une apparition de nouveaux talents inédits; une affirmation de la gente féminine. Nous en voulons pour  preuve, le président du point focal préfectoral est une femme ingénieur des travaux publics et très compétente; le plus spectaculaire c’est l’arrivée d’un grand nombre de nos frères de l’opposition qui nous ont rejoint suivant l’appel du Président Fondateur de UNIR Son Excellence Faure Essozimna GNASSINGBE; la liste  peut s’allonger à l’infini. En ce qui concerne les difficultés on note les luttes d’influence entre cadres, et c’est peut-être le « carburant » pour le dynamisme du Parti.

Au cours de ce jubilé de bois, votre parti a saisi cette opportunité pour faire  sa rentrée politique.  On vous a vu devant les populations  de  votre préfecture. Qu’est-ce que vous êtes allés dire à ces populations ?

Si vous avez pu observer les medias,  cette rentrée politique s’est effectuée un peu partout sur l’ensemble du pays. Mais dans la préfecture de l’Oti et celle de l’Oti Sud cela a eu une double signification.  Au delà de la rentée proprement dite, c’était presque la première fois que l’ensemble des cadres de UNIR se sont retrouvés à la base après une longue hibernation suite aux troubles que vous avez évoquez ci-dessus.  Nous avons donc dans un premier temps présenté nos condoléances aux victimes de ces troubles et prié le bon Dieu pour  que ces genres de choses  ne se répètent plus dans notre milieu. Puis dans un deuxième temps nous avons abordé les sujets principaux de notre journée, notamment une sensibilisation des militants et l’ensemble des populations  sur la problématique de la Décentralisation Administrative;  nous avons également  assuré les militants et sympathisants d’un engagement des cadres à maintenir un lien  permanent de proximité avec eux. Nous avons clôturé avec une séance de questions- réponses très enrichissantes  sur les préoccupations des militants en ce qui concerne le développement des  Préfectures.

En votre qualité de coordonnateur, quel sont vos rapports avec la base ?

Nous avons de très bons rapports avec la base à mon avis. Les  troubles ont entrainé une semi-rupture, mais  après des explications mutuelles on s’est compris.  Des mesures ont été prises pour qu’il n’y ait  plus  rupture de contacts. Quant aux intoxications de l’opposition ça ne prend plus, des projets concrets de développement initiés par le  Chef de l’Etat et le Gouvernement sont là pour les démentir.

Aux élections législatives de 2013,  votre parti UNIR a été battu par l’UFC dans l’Oti centre. Avec cette affaire des aires protégées, le désamour entre les populations de Mango  et votre parti est profond, la  situation semble compliquée pour votre  formation politique surtout au niveau de la ville de Mango, En votre qualité de coordonnateur de ce parti, comment comptez-vous faire pour ramener la confiance au sein de cette population afin qu’elles adhèrent pleinement aux idéaux du  parti UNIR et surtout à la vision politique du Chef de l’Etat pour des éventuelles victoires ?

Nous avons tous regretté l’échec de UNIR aux législatives de 2013 dans l’Oti-Centre, d’autant plus que cela provient principalement de la division entre nos cadres; divisions ayant entrainé certains membres de UNIR  à  œuvrer contre leur Parti au cours de ces élections. Depuis, des méats culpa ont été faits, espérons que cela ne se reproduira plus.  En ce qui concerne la notoriété du Parti, elle est intacte; comme je l’ai souligné ci-dessus, le Parti UNIR n’a pas a été visé spécialement par les populations; oui l’opposition a bien voulu utiliser ces événements pour salir le Parti, en vilipendant certains hauts cadres à cette occasion. Je le répète, nos militants étaient bien sur les barricades mais à présent ils sont bien dans les rangs. Pas besoin de programmes spéciaux pour les remobiliser. Bien sûr, nous allons observer les conseils que nous nous sommes donnés mutuellement.  Quant aux populations elles savent bien ou se trouvent leurs intérêts, c’est évidemment avec le parti UNIR; le parti qui soutient le gouvernement dans ses reformes institutionnelles, et dans ces programmes concrets de développement.

Des griefs souvent  portés contre le parti UNIR et ses cadres  par les populations de Mango sont entre autre le manque d’une politique  de développement  du milieu et l’absence  de l’urbanisation de la ville de Mango. A cela s’ajoute le chômage  criard  des jeunes de la localité.  En tant que cadre du parti au pouvoir et DGA de la LONATO, quels sont  les projets de développement que vous aviez  déjà initié ou en cours de réalisation  pour développer votre préfecture ou aider dans une certaine mesure vos populations à sortir de la précarité ?

Tout cadre haut placé ou pas doit chercher le développement de son milieu et de sa communauté. Nous devons  privilégier nos actions dans une synergie globale de tous: l’un aidant à construire une école par ci l’autre des tables bancs par là, bref chacun jouant sa partition aussi petite qu’elle soit, ainsi nous ferons avancer notre préfecture dans le sens du développement;  ceci même n’est qu’un appoint.   Les différents problèmes que vous avez soulevés trouvent leurs solutions véritables dans les programmes de développement initiés par le gouvernement, sur les instructions du chef de l’Etat, pour la préfecture. Certains projets ont débuté, notamment la riziculture à Sadori et Koumbéloti, la rénovation de CHP de Mango, avec un budget approchant le milliard, la construction du pont sur le fleuve Koumongou sur la RN 17 Sadori-Katchanba etc… ; D’autres sont en  cours, comme la construction d’une grande « Maison des Jeunes  » à Mango, l’aménagement de terrains agricoles à Konkombou, il y en a tellement que les citer tous susciterait plutôt de la jalousie des préfectures qui n’en ont pas autant. Tous ces projets absorberont certainement une bonne partie du chômage. Nous n’avons même pas fait cas des différents projets initiés par le Ministère du développement à la Base comme le FNFI, FAEJ, du Programme PUDC, qui profitent à l’ensemble des populations du Pays, l’Oti y compris.

 Les élections législatives sont prévues pour 2018. Seriez-vous candidat à ce scrutin ?

Je pense qu’il est trop tôt pour poser cette question. Vous-même, vous  avez relevé que le Parti a subi un coup dur durant les troubles sociaux de Novembre 2015; il faut consolider la base avant de savoir qui va être candidat. Par ailleurs j’estime qu’être candidat, c’est servir le parti; pour le moment je suis à un poste de service, la Coordination que j’effectue avec fierté et détermination. Le moment venu UNIR qui est un Parti très bien organisé saura investir celui qui avec l’aide de tous, nous donnera plus de chance de gagner le siège de l’Oti-Centre en plus des autres sièges.

Un message à l’endroit de vos populations en général et particulièrement aux militants et sympathisants d’UNIR ?

D’abord aux militants et sympathisants, je leur dis de garder espoir. UNIR-OTI a montré sa force, il a contribué avec près de 82% de voies  dans la circonscription électorale à élire son candidat, lors de la précédente élection présidentielle. Nous ne devons pas abandonner notre acquis électoral pour de l’aventure sans issue. Nous devons le consolider en prenant conscience du  rôle que nous jouons pour le développement de notre préfecture par notre affiliation à UNIR, le parti qui soutient le Gouvernement sans réserve. Observez vous-même le nombre de projets de développement qui sont initiés pour la Préfecture depuis ces deux dernières années, le nombres de cadres promus à de hautes responsabilités dans les Institution de l’Etat pendant cette même  période, nous ne sommes pas les parents pauvres comme l’opposition s’acharne à nous le faire croire. Certes nos besoins sont encore énormes, mais comme le dit un adage  » ROME ne s’est pas faite construire en une journée ». Petit à petit l’OTI est en train de construire son développement. Une aube nouvelle s’est levée sur l’OTI et sur Mango avec UNIR et son Président, son Excellence Faure Essozimna GNANSINGBE.  Saisissons notre chance! Aux populations c’est le même message que ci-dessus ; j’ajouterais seulement qu’elles n’ont qu’à  faire  confiance aux cadres, mais nous leur disons que les méthodes ont changé, il n’y a plus de listes de besoins (éternellement non satisfaites), à établir; le Gouvernement, sous l’impulsion du Chef de ‘Etat, est à l’œuvre pour les satisfaire sans crier gare, un à un, ce n’est qu’une question de temps. « SAWARI ». Comme on le dit chez nous, PATIENCE! Et encore PATIENCE!