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Kabila et cinq de ses proches condamnés aux Etats-Unis pour répression brutale

Une histoire embarrassante pour Joseph Kabila et cinq membres de son entourage qui refait surface. Accusés d’avoir molesté des manifestants congolais aux Etats-Unis il y a près de quatre ans, ils ont été condamnés par la justice américaine à verser plus de 500 000 dollars de dommages et intérêts.

Retour quatre années en arrière, le 6 août 2014. Joseph Kabila, le chef de l’Etat congolais est en visite officielle aux Etats-Unis à l’occasion du sommet Etats-Unis – Afrique. Pour son séjour, le président congolais est logé à l’hôtel Capella de Georgetown, à Washington.

Occasion saisie par les opposants radicaux congolais appelés les “combattants” qui entreprennent une manifestation devant l’hôtel afin de dénoncer “les violences sexuelles, la corruption, le génocide, la dictature et les violations des droits de l’homme” en RDC.

Mais, contre toute attente, les gardes du corps du président Kabila réagiront d’une brutalité rare, immortalisée par le téléphone portable d’un passant qui a publié la vidéo sur YouTube. Plus tard, dans une plainte déposée en 2015, les plaignants affirment avoir été molestés par les “protecteurs” de Joseph Kabila. Jacques Miango, réfugié politique qui participait à la manifestation et qui est le principal plaignant dans l’affaire, aurait été “renversé au sol, battu, étranglé, piétiné”. Résultat : “plusieurs dents” arrachées et une “commotion cérébrale”.

Il ne faut pas oublier que le président Kabila était en mission officielle aux États-Unis et que sa protection incombait d’abord aux services de sécurité américains

Le camp du président Kabila a une toute autre version de l’affaire. Jean-Marie Kassamba, l’un des principaux accusés, évoque la “légitime défense”, assurant que le plaignant “s’était précipité sur l’escorte présidentielle pour agresser le chef de l’État”. “Les agents de sécurité n’avaient fait que leur travail “, assure-t-il.

Pourtant, depuis le début de l’instruction aucun des accusés, le président Joseph Kabila, Jean-Marie Kassamba, Jacques Mukaleng Makal, Raymond Tshibanda, Sam Mpengo Mbey, Séraphin Ngwej, ne s’est ni présenté, ni été entendu par la justice américaine, mois de quatre ans après les faits.

Le 22 mars 2017 la Cour du district de Columbia en charge de l’affaire a donc acté le silence des mis en cause. Elle les a condamné à payer 562 660, 06 dollars (environ 460 000 euros) aux plaignants au titre de dommages et intérêts.

La justice américaine a toutefois blanchi les forces de sécurité américaine, la police du district de Columbia et l’hôtel Capella qui avaient également été accusés par les manifestants. Une erreur, estime Jean-Marie Kassamba. “Il ne faut pas oublier que le président Kabila était en mission officielle aux États-Unis et que sa protection incombait d’abord aux services de sécurité américains”, souligne-t-il.

Si les “combattants” congolais sont parvenus à obtenir gain de cause, reste à présent à résoudre l’application de la peine. Les accusés ne s‘étant même pas présentés au tribunal, les y contraindre pourrait s’avérer difficile.