visites

Monsieur ADANLETE Ben Kwadjo, ’«… participer au développement de notre pays en créant des emplois et en construisant 198.000 logements »

«Nous voulons  participer  au développement de notre pays  en créant des emplois et en construisant 198.000 logements ».

Contribuer à la politique  de développement  du Togo, surtout celle de l’habitat comme voulu par les premiers responsables du pays, en offrant un cadre de vie saint et confortable à la population togolaise et du travail aux jeunes, c’est cette volonté qui a conduit Monsieur ADANLETE Ben Kwadjo, président de l’organisation ‘’ Maison Sans Frontière-Togo’’, à revenir au pays avec dans sa valise, le projet ‘’un togolais un toit ‘’. Projet qui vise à construire une ville moderne dans chaque région du Togo et dont les travaux démarrent avec la construction de 198.000 logements sur une superficie de 3000 hectares. Dans cet entretien exclusif avec président du MSF, il revient sur les motivations, les objectifs et les détailles de cet ambitieux  projet.

MSF 1MSF 1la maquette des logements

Bonjour monsieur ADANLETE Ben Kwadjo, veuillez-présenter votre organisation à nos lecteurs et internautes, s’il vous plait ?

 » Maison Sans Frontière » c’est une institution internationale basée à Genève dont nous avons la représentation au Togo. Nous voulons  participer  au développement de notre pays  en créant des emplois et en construisant 198.000 logements. Nous avons eu alors à établir un accord d’établissement de siège avec le ministère des affaires étrangères pour participer à la politique de la décentralisation  et rentrer dans le cadre du challenge mondial. Donc maison sans frontière a pour but de créer des emplois  dans l’ordre de 198.000 logements des ménages et puis un pôle  d’émergence. Nous disposons à notre actif d’une superficie de 3.000 hectares et nous demandons à avoir seulement que le titre foncier pour une capitalisation. C’est de participer activement  à la politique de notre gouvernement qui est de valoriser la jeunesse togolaise qui à besoin de travailler en créant de l’emploi.

Créer toute une ville est un projet vraiment très ambitieux. Avez-vous réellement les moyens financiers et techniques  pour la réalisation d’un tel projet ? Ou bien espériez-vous l’aide du gouvernement ?

Moi-même je suis un ingénieur industriel formé en Allemagne à Manheim. Je suis multidisciplinaire et je crois qu’avec cette compétence, je peux participer à la création d’emploi. Et puis, en ce qui concerne les moyens financiers nous avons des bailleurs de fonds qui vont nous apporter des sous et nous demandons la contribution de tous les togolais, de la diaspora ou n’importe qui. C’est un projet qui est dans un cadre social et vous savez qu’à part Lomé, il n’y plus de ville, il faut donc une nouvelle ville un peu plus décente et salubre. (…)

Quelles sont les caractéristique de cette nouvelle ville que vous allez créer ?

Les caractéristiques seront alors avant tout une ville moderne telle que j’ai connu en Allemagne à Manheim surtout. Nous allons avoir des centres d’émergence,  des logements, des centres de loisir… Nous avons au total 22 programmes. Notamment, la fiabilisation du site et les tracés de route, les logements socio-économiques de standing, des centres de santé, des dépôts de pharmacie, la banque, les postes de télécommunication, l’éducation : l’université, les grandes écoles, agriculture, industrie de formation, transport (desservir la ville avec 150 bus), électrification de central solaire, des stades de sport complet, administration : marie et autres, restaurants et hôtels, sécurité : police, gendarmerie et sapeurs pompiers, radio télévision, édition, environnement de formation, abattoir moderne et charcuterie, marché, tourisme, art, décoration et voyage. Ensuite, la ville ne sera pas ouverte, il y a une gestion contrôle et puis assistance.

Comment se fera cette assistance et contrôle ?

Nous demandons la participation c’est-à-dire quand on parle de création d’emploi nous devons avoir des ressources humaines, des gens qui auront la compétence de pouvoir nous assister dans toutes les tâches.

Quel sera le rôle du gouvernement togolais dans ce projet ?

Son rôle serait de nous accompagner sur le plan sécurité, sur le plan des données de base qu’on aurait à leur soumettre. Surtout pour l’obtention du titre foncier en vue de capitalisation de ce projet.

Avez-vous déjà expérimenté ce projet ou c’est le Togo qui est le point d’essai?

 » Maison Sans Frontière » c’est une institution qui a intervenu à  l’ile de la Réunion, au Congo Brazzaville (vous pouvez- voir les réalisations sur notre site), en Algérie et en France notamment en créant l’immeuble  du Gan. C’est fort de toutes ces expériences que j’ai finalement décidé de revenir au Togo pour créer de l’emploi pour mes frères et sœurs.

A quelle étape est actuellement votre projet ?

Le projet est actuellement à la phase  de démarrage. Vous avez vu, nous  sommes en pleine réunion pour commencer les tracés des routes parce qu’il n’y a pas de route et il faudrait vraiment en faire. Donc les ingénieurs sont à pied d’œuvre pour pouvoir  programmer les tracés de route.

Est-ce que vous avez déjà discuté avec le gouvernement? Parce qu’un tel projet ne peut pas se réaliser sur un territoire sans l’accord du gouvernement ?

Je vous fais savoir que nous avons signé un accord programme et un accord d’établissement avec le gouvernement. Une institution, quand vous arrivez dans un pays même en étant autochtone, il faut pouvoir avoir tous les accords. Nous avons notre récépissé, un accord programme et un accord d’établissement signé par le ministre des affaires étrangères. Donc le ministère de l’Habitat et l’urbanisme aussi est au courant. Nous avons même adressé des requêtes à plusieurs autorités pour qu’elles puissent nous prêter main forte sur le plan sécuritaire surtout.

Qu’attendez-vous du gouvernement sur le plan financier ?

Non, non, on n’a pas besoin forcement du gouvernement sauf que le ministre de l’économie puisse nous donner l’autorisation pour le transport de fond qui doit venir de nos partenaires. On est autosuffisant, on ne demande pas de l’argent au gouvernement.

Vous avez choisi une localité située à plus de 70 km de Lomé, pourquoi le choix de ce site ?

Voyez-vous, quand on parle de la décentralisation il faut s’éloigner un peu de la capitale pour avoir une nouvelle ville. Et là nous avons eu la chance de tomber sur une collectivité qui a vite compris le programme et qui nous a cédé l’espace. Le coût total nous fait un peu plus de 4 milliards.

A l’issue de ce projet, qui sont ceux qui habiteront cette ville et à quelles conditions ?

Les conditions ne sont pas compliquées. Il faut souscrire; et nous sommes ouverts à tout le monde que se soit les étrangers, les togolais à l’étranger qui ont besoin de maison et qui envoient des sous à des familles et qui ont des difficultés pour avoir des maisons décentes et salubres. Mais  tous ceux  qui voudraient s’installer dans cette ville, respecteront un certain nombre de règles.

Quelles sont les règles à respecter ?

Les règles sont très simples. Il faut éviter les taxi-moto (zémidjan) au risque de polluer la ville.  Donc ceux là qui seront des jeunes et qui ont besoin de travailler peuvent travailler dans les usines de transformation créées dans la ville.

Est-ce que les logements seront à la portée de toutes les couches sociales ?

Oui, à la portée de toutes les couches sociales mêmes aux cultivateurs, ils ont besoin aussi d’avoir de belles maisons, de vivre décemment dans un environnement sain. Les conditions c’est de souscrire. Nous avons initié des bulletins d’information de souscription individuelle pour chaque ménage qui fera le choix selon ses moyens. Les maisons ne sont pas trop chères mais on ne peut pas non plus les distribuées gratuitement.

Quel est le coût d’une maison ?

Les coûts sont variables. Nous avons des maisons de type F3 constituée de 3 pièces c’est-à-dire le salon plus 2 chambres + 1 véranda avec une cour à 10 millions. Pour le paiement, il y a un bulletin d’information de souscription à acheter c’est-à-dire on met une série de techniques de bases de telle sorte que, quand vous l’achetez, vous allez faire votre choix et on va établir un calendrier de paiement pour vous avec un dépôt minimum de 1 million de franc.

Lorsqu’on investit dans un projet on attend forcement un retour sur investissement ?

C’est une  activité que nous menons, nous engageons des gens que nous devons payer ça veut dire qu’il faut le retour sur investissement. Pour ces raisons, on ne peut pas investir et ne pas gagner. C’est un projet gagnant-gagnant. Même dans le social, on ne peut pas donner cadeau. On ne peut pas investir sur un terrain qu’on a acheté puis le donner cadeau soit disant qu’on fait du social.

 Monsieur le Président, au delà de ce projet  avez-vous des ambitions politique ou c’est juste l’amour de la patrie?

Non, nous n’intervenons pas en politique mais en politique de développement. On n’a aucune ambition de faire la politique, seulement la politique de développement. Créer des emplois et faire marcher le Togo. Le président existant peut demeurer 1000 ans tout ça ne nous intéresse pas. Ce qui nous intéresse c’est d’avoir son accord de principe pour développer le Togo comme il est entrain de faire.

 Est-ce que vous avez déjà eu la chance de rencontrer le chef de l’Etat?

Non, non ! Pas encore, nous faisons des démarches pour le voir. Mais vous savez que les gens sont tellement compliqués ici que quand vous avez de bonnes idées, on vous empêche de voir le président de la république. Je souhaite vivement pouvoir le rencontrer et nous cherchons les voies et moyens pour y parvenir; voir le président de la république ce n’est pas si facile.  Mais s’il nous entend, il peut vous inviter à nous rencontrer.

Monsieur le président un mot de la fin.

Moi je me plais bien ici chez-moi et les autorités, sont mes frères, des parents ; ce qu’il faut est que tout le monde travaille en bonne conscience pour que le Togo soit propre pour nous et pour les gens. C’est notre ambition. Il faut alors qu’ils participent à ce projet en apportant des idées qui nous permettrons d’aller de l’avant. Je vous remercie.

MSF 1MSF 1

la maquette des logements

Entretien réalisé par Jean-Claude BAKALI