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Plus on accorde d’importance à notre inquiétude, plus elle nous envahira

Nous avons la capacité d’évoquer les situations vécues au travers des souvenirs, des mots et des lieux. Quand on focalise notre attention mentale sur les mauvais souvenirs, sur ce qui ne se passe pas comme on l’aurait espéré, sur ce qui nous blesse, sur ce pour quoi on ne trouve pas de solution, on octroie à toutes ces choses la possibilité de nous blesser, et ce de façon récurrente et infinie. Aujourd’hui, l’inquiétude peut être considérée comme une épidémie. Autour de 60% des patients qui consultent leur médecin de famille se plaignent de problèmes liés à l’anxiété. Certainement a-t-on beaucoup de choses pour lesquelles nous inquiéter, mais peut-être ajoute-on à tout cela de nombreuses illusions.

Une étude menée à ce sujet montre que 40% des inquiétudes formulées font allusion à des événements qui n’arriveront jamais, que pour 30%, il s’agit d’événements auxquels on pense souvent, mais qui se sont déjà produits par le passé, et que 22% font eux allusion à quelque chose qui est sur le point d’arriver. Comme nous le montrent les études réalisées, le problème réside en le fait que la plupart des inquiétudes que l’on a portent sur des choses qui n’arriveront jamais ou qui sont déjà arrivées. En pensant à nos malheurs, on provoque une altération dans l’état de notre esprit, entraînant ainsi une multitude de déformations qui sont des facteurs de risque de maladies telles que l’anxiété ou la dépression. Les situations négatives ont été, sont et seront toujours là dans notre vie ; il y aura toujours quelque chose qui ne nous plaira pas.

Éduquer nos pensées dans le présent

Quand notre esprit s’évade dans le passé ou dans le futur, notre cerveau reste engourdi et on active la zone du lobe préfrontal droit où sont hébergées les émotions qui nous blessent. Des universités américaines de prestige, comme le MIT ou Harvard, ont observé que le fait de focaliser ses pensées sur le présent ouvre les canaux de notre lobe préfrontal gauche, expérimentant des émotions plus positives. Une grande partie des maladies dont nous souffrons sont influencées négativement par notre souffrance émotionnelle ou notre chaos mental, qui créent des mondes imaginaires éloignés du présent, presque toujours destructeurs.

Pour éduquer les pensées automatiques, il est nécessaire d’observer ce qui arrive dans notre esprit sans porter de jugements ni nous accrocher à nos pensées. Si on est complètement ancré dans le présent, comme nous invite à le faire Thich Nhat Hanh, «on ne doit pas courir après des caprices tels que le pouvoir, la renommée ou d’autres plaisirs».

 

KM