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Préfecture de Vo : Une agriculture affectée par la pauvreté des sols

Longtemps considérée comme « le grenier du Togo » sur le plan agricole, la préfecture de Vo est confrontée à la pauvreté des sols. A ce jour, il est quasi impossible d’y pratiquer les activités champêtres sans faire usage des engrais.

L’agriculture est un secteur qui occupe une grande majorité des actifs nationaux et contribue à environ 40 % à la formation du PIB national. Dans la préfecture de Vo, les terres étant sur un bassin sédimentaire, étaient immensément riches et facilement labourables, ce qui fait que la majorité de la population sont des agriculteurs et des éleveurs.

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Cependant de nos jours, un problème de terre se pose dans ce milieu. Même s’il y a des terres disponibles, la qualité du sol ne permet plus de bonnes récoltes selon la direction régionale de l’agriculture. Avec une importante poussée démographique, les terres ne répondent plus aux besoins de la population. Le très peu des terres disponibles pour les cultures est épuisé. « Nulle part dans la préfecture, il n’y a plus de récolte sans l’utilisation des engrains chimiques. Avec la pénurie d’engrais chimique cette année, les paysans n’auront pas le rendement escompté », nous explique Atchon Kodjo, le Maire de Vogan.       .

Selon les informations, les terres fertiles encore disponibles sont celles sur lesquelles est exploité le phosphate depuis les localités de Hahotoé jusqu’à Dagbati.

Bref aperçu sur l’agriculture dans le Vo

Le paysan de la préfecture de Vo fait un peu de tout, il associe l’agriculture à l’élevage. Les produits cultivés dans la localité sont entre autre, le maïs, le manioc, l’haricot, l’arachide, la noix de palme, le palmier à huile. Le manioc sert à faire du gari (la farine de manioc), qui est commercialisé et contribue beaucoup à l’économie de la localité. L’aliment de base étant la pâte, la culture du maïs est également très importante dans la préfecture. Le palmier à huile est aussi cultivé en grande quantité et sert à la fabrication d’huile de palme et de Sodabi.

La  localité compte en grande partie les éleveurs modernes en l’occurrence les  fermes avicoles. Il s’agit notamment  le centre avicole Rehoboth  spécialisé dans l’élevage des lapins, dindons, pigeons, cailles  poules, et des pintades. Le Centre d’auto promotion des filles en fait la même la chose.    Vo se distingue par l’élevage de petits ruminants communément  appelés « Vogan gbon (mouton de Vogan) ». Ces spécimens de mouton se distinguent  par les types de mélanine, patrons pigmentaires et robes de moutons. Ce qui a suscité la curiosité du  ministère en charge  de l’Agriculture, qui depuis 2014 s’est intéressé à cette race en assurant sa  promotion. Hormis cette espèce d’animal, Vo élève également entre les chèvres, les volailles et  les porcs.

Pistes de solutions

Il est vrai qu’au Togo, les efforts du gouvernement dans le secteur agricole sont orientés vers le renforcement de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, l’amélioration des revenus des producteurs agricoles et réduction du déficit de la balance commerciale.  Mais de grands efforts restent à fournir. A Vo, puisque les paysans  sont en manque d’espaces cultivables, il convient d’encourager le maraichage. .

Pour venir à bout des difficultés liées à l’extraction de phosphates, il va falloir que les extracteurs remblayent les fosses et tiennent compte des impacts environnementaux causés par l’extraction. L’utilisation des engrais bio, la pratique de la jachère, l’intégration de l’élevage à l’agriculture sont des méthodes à encourager au niveau de la communauté à la base.

L’organisation des paysans en coopérative et groupement peut également aider ceux-ci des financements pour booster le rendement et  évoluer une agriculture moderne.

La formation sur le choix des variétés adaptées au type de saison serait prioritaire pour une telle agriculture. La mécanisation de cette agriculture s’avère aussi nécessaire pour l’agrandissement des espaces cultivables et la croissance du rendement.  Il importe aussi de  veiller à la disponibilité des intrants agricoles.

Dossier réalisé par le JMD avec l’appui technique et financier du Ministère du Développement à la Base, de la RDI et certains natifs de la localité.