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Promotion du tourisme au Togo, une politique minimaliste, pour de piètres résultats

et-voici-l-equipe-klassou_ng_image_full24764288Les autorités togolaises  ne cessent depuis quelques années d’annoncer leur  volonté de mettre sur pied une véritable politique de promotion du tourisme. Un secteur qui contribuait énormément au Produit Intérieur Bruit (PIB) du Togo, il y a de cela quelques années. Malheureusement, depuis les années 90 suite à l’abandon des sites touristique conjugué à la crise sociopolitique qu’a connu le pays, ce secteur connait une décadence indescriptible. Les infrastructures et  sites touristiques, piliers essentiels du développement touristique dans un pays, sont aujourd’hui dans un état de délabrement avancés au point que la contribution de ce secteur à l’économie du Togo n’est plus que de 2.2%  au PIB national alors qu’il est estimé à plus de 20% en Egypte et de 17% en Tunisie malgré la récente crise sociale qu’ont connue ces deux pays.  Au Togo, rien de sérieux ne se fait en vue de la réhabilitation et de la modernisation des sites touristiques afin de booster le tourisme.

img_3166copytelechargement                         Le  secteur touristique togolais qui contribuait énormément au  PIB national souffre depuis des années de plusieurs mots. Ceci,  malgré le tintamarre que les premiers responsables du pays ne cessent de faire autour de ce secteur pour soit disant, relancer le tourisme. Au rang de ce tapage, figure en bonne place la modernisation du secteur hôtelier, la création d’une agence nationale de tourisme… , qui en fait ne sont que des accessoires du tourisme. On ne saurait donc comprendre que l’on veille mettre l’accent sur les accessoires et laisser l’élément principal.

En effet, le secteur hôtelier n’est que l’appendice du secteur touristique. Ainsi, un secteur touristique bien développé et promu, permet l’essor de celui de l’hôtellerie. Pas le contraire. Malheureusement, c’est  ce que les dirigeants togolais semblent faire. En mettant plutôt l’accent sur l’hôtellerie tout en négligeant les sites touristiques, c’est juste mettre la charrue devant les bœufs.  Puisque, c’est  le bon état et la promotion des sites touristiques qui permettent de mobiliser les visiteurs à venir dans un pays en vue de visiter ces sites et du coup, booster le secteur hôtelier. Mettre en avant, le secteur hôtelier pour vouloir booster le secteur touristique est comparable à un laboureur qui décide de mettre  la charrue devant les bœufs. Naturellement, le résultat sera nul.  C’est ce à quoi on assiste actuellement au Togo avec le tourisme.

Plusieurs exemples sont illustratifs de ce dont nous faisons allusion. Plus de 28 milliards ont été investis dans la seule rénovation de l’hôtel Radisson Bleu, ex 2 février alors que les sites touristiques ne disposent d’aucune attention particulière. La grande partie de ces sites languissent dans un état de délabrement très avancé. Je ne citerai pour preuve la maison des esclaves d’Agbodrafo, qui est devenue une cabane ou encore un taudis malsain remplie d’immondes, la radio station Kamina de l’époque coloniale  allemande au Togo, un site vivant de la première guerre mondiale au Togo abandonnée dans un état de délabrement,  les cimetières des victimes de cette première guerre mondiale au Togo, susceptibles attirer les touristes s’ils sont bien entretenus et promus à l’international, baignent dans une insalubrité indescriptible.

Que dire des Koutamakou des peuples Tamberma au nord Togo, seul site touristique classé patrimoine touristique mondial au Togo? Du Château Vial  de Kpalimé? Du Mur Agbogbo(berceau des peuples Ewe) ? De la Cascade d’Aklowa ? De la forge traditionnelle du peuple kabyè à Tcharè ? De Binaparba à Bassar lieu de la seule victoire des togolais sur les colons allemands ? … Tous ces sites sont actuellement dans un état de délabrement avancé, abandonnés à leurs tristes sorts dans un pays où on  dit promouvoir le tourisme. Sans être trop alarmiste, si rien n’est fait pour sauver ces sites, ils n’existeront  plus dans dix ans que de nom et dans les souvenir. Et pourtant, moins de 15 milliards auraient permis le maintien en vie de ces sites afin d’attirer les visiteurs vers le Togo. Et ainsi booster l’économie nationale.

Rester limité seulement sur l’entretien des sites touristiques sans pour autant parler des voies qui mènent à ceux-ci dans le cadre de cet article, serait une symphonie inachevée. Car, c’est bien beau de vouloir faire venir les visiteurs, en montrant de bels endroits à visiter, en exhibant de beaux hôtels où dormir. Mais la grande question est de savoir comment arriver à ces beaux sites touristiques quand pour la plupart des temps, l’accès à ces sites touristiques n’est rien d’autre que la croix et la bannière ?

Les voies (routes ou tronchons) qui mènent à la plupart des sites touristiques du Togo, sont totalement désuètes. Voyons par exemple la voie qui mène à la maison des esclaves à Agbodrafo, elle est totalement abîmée et pour arriver à ce site, il faut s’armer de courage et de patience. Quel touriste acceptera y revenir après avoir fait une telle expérience aussi bien amère que douloureuse ? Regardez le joli site de la cascade d’Aklouwa et le Château Vial,  ce sont des sites d’accès difficiles  perdus dans la forêt  des monts Kloto, sans une voie praticable pour s’y rendre. Il y a plusieurs autres exemples relatifs à tous les sites du Togo que nous pouvons citer pour étayer cette analyse.

Le secteur touristique d’un pays étant comme le maillon d’une chaîne, on ne peut donc faire la promotion  du tourisme en ne jouant que sur un seul maillon de cette chêne. Ainsi, le gouvernement doit créer les meilleures conditions du développement du tourisme au Togo en mettant les moyens aussi bien  dans la réhabilitation des sites, l’aménagement des voies et la construction des hôtels. Ce n’est qu’à ce seul et unique prix que le tourisme peut être relancé et dynamiser afin d’attirer les visiteurs et touristes.

 

JC