visites

Rêves prémonitoires : notre don caché

Si les rêves prémonitoires sont réellement ce qu’ils sont, c’est-à-dire des informations sur le futur, leur existence malmène sérieusement notre conception linéaire de l’espace-temps. Pourtant, la physique quantique – l’étude, entre autres, des particules subatomiques – a déjà bouleversé nos croyances sur le fonctionnement de l’univers et sur celui de la conscience. Surtout depuis le jour où, en 1982, le physicien français Alain Aspect a démontré que des informations peuvent voyager entre deux particules à des vitesses supérieures à celle de la lumière, inversant ainsi le temps ! Depuis, bien d’autres scientifiques ont tenté, et tentent encore, de résoudre cette énigme. Et tous en viennent à la même conclusion : le temps immuable, qui s’écoule inéluctablement au fil des jours, le nôtre en somme, ne serait pas la seule forme de temps qui régit l’univers…

Si les rêves prémonitoires délivrent des informations sur le futur, pourraient-ils empêcher que des catastrophes se produisent ou permettre de contrecarrer les crimes, comme dans le film de Spielberg ? Dans les années 60, le psychiatre britannique John Barker a fondé le Central Premonitions Registry pour tenter de répondre à cette question. En trente ans d’activités, il a reçu des milliers de témoignages, mais a été obligé de conclure qu’un rêve prémonitoire se produit en général dans les deux ou quatre jours qui précèdent l’événement. Le temps de recevoir et d’analyser les informations, il est trop tard…

Perspectives d’avenir ?

Les rêves prémonitoires ont-ils alors une quelconque utilité ? « Oui, répond Christine Hardy. Développer ce don caché, qui s’apparente à l’intuition, apporte des bénéfices considérables. » Docteur en sciences humaines, elle vient de publier “Votre esprit est guérisseur” (Editions du Dauphin, 2002). « L’un des principaux avantages de se mettre à l’écoute de ses rêves sans aucun a priori – c’est-à-dire en reconnaissant la possibilité d’obtenir des informations sur le futur – est d’avoir une perspective sur notre propre avenir. Cela permet aussi une plus grande intensité de vie. C’est toute la question de l’ouverture de la conscience : plus vous permettez à votre inconscient de s’exprimer librement, plus vous pouvez explorer vos richesses intérieures. »

Ouvrir sa conscience demande cependant de remettre en question ses croyances et d’accepter que notre esprit – qui reste encore un mystère pour la science – recèle peut-être des dons inouïs, mais pourtant bien naturels.

Quand le temps s’inverse

Il raconte qu’il s’était vu en rêve, vêtu d’un habit qu’il ne portait jamais, debout dans une grande salle pavée de dalles fissurées. Il était au milieu d’une rangée de personnes habillées de la même façon que lui. Derrière eux, une foule. Sur sa gauche se déroulait une cérémonie qu’il ne pouvait pas voir à cause du très gros ventre de son voisin. Puis, la foule s’est dispersée. C’est alors que quelqu’un a pris son bras en disant : « Je voudrais vous dire un mot. »

Kipling, troublé par ce rêve très clair, y pensa souvent, sans en comprendre le sens. Deux mois plus tard, il assistait à une cérémonie dans l’abbaye de Westminster. Tout y était : le costume inhabituel, la rangée de personnes, la foule, le vieux dallage et… le gros ventre de son voisin de gauche qui l’empêchait de voir la cérémonie ! A la fin, quelqu’un posa sa main sur son bras en disant : « Je voudrais vous dire un mot, s’il vous plaît. » Pour conclure son récit, l’écrivain ajoute : « Mais comment et pourquoi m’avait-il été donné de voir une longueur encore enroulée de la pellicule de ma vie ? »