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Togo, politique de caniveaux, quand un chef de file laisse les vrais enjeux et s’acharne contre le chroniqueur Firmin Téko-Agbo

Quand il y a un mois nous publions  un article pour dénoncer avec rigueur le fait que l’opposition  livre un journaliste chroniqueur à la vindicte populaire lors d’un meeting, nombreux ont dit qu’aucun leader politique n’avait livré à la vindicte populaire le journaliste chroniqueur et qu’on ne peut attribuer les propos d’un simple maître de cérémonie qui s’était laissé aller au zèle, aux leaders de l’opposition. Malheureusement, ‘’chasser le naturel, il revient aux galops’’ et l’on ‘’ne peut cacher le soleil avec les deux mains’’. Le chef de file de l’opposition Jean-Pierre Fabre lui-même, s’est livré à l’exerce le samedi 13 janvier 2018 à la plage de Lomé en laissant de côté les vrais problèmes et enjeux politiques du moment pour s’attarder sur les chroniques du journaliste Firmin Téko-Agbo qu’il a livré à la vindicte populaire.

La marche du samedi 13 janvier 2018 était considérée comme celle devant celer la fin du régime de Faure Gnassingbé et battre le record de mobilisation avec 2 500 000 personnes dans la rue. Cette marche a malheureusement brillé par un fiasco cuisant et total en termes de mobilisation et d’objectifs, puisque les 2 500 000 n’ont pas été atteints et Faure Gnassingbé reste toujours président du Togo.  Au contraire, une contre manifestation organisée par la mouvance présidentielle a été une démonstration de force du parti au pouvoir dans plusieurs localités du Togo.  Malheureusement,  au lieu que l’opposition  tire leçons  de la situation pour tenir un discours de mobilisation des troupes en insistant sur les vrais enjeux politique de l’heure, le chef de file de l’opposition, se  rabaisse au plus bas niveau en s’en prenant ouvertement à un simple  journaliste chroniqueur et  le livrer à la vindicte populaire.

En effet, lors de son speech au point de chute de la marche du samedi 13 janvier 2018 à la plage de Lomé, le chef de file de l’opposition togolaise, Jean-Pierre Fabre  a axé l’essentiel de son message à répondre aux chroniques du journaliste Firmin Téko-Agbo. Chroniques dans lesquelles le journaliste fait des révélations troublantes contre le leader de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC). Oubliant notoirement que la tribune choisie pour répondre aux allégations du chroniqueur  ne répond aucunement  à la loi régissant la profession du journalisme au Togo. Car selon la loi, lorsqu’un citoyen se sent lésé par les écrits, proposes ou publications d’un journaliste, il a la possibilité de saisir soit la Haac, soit faire un droit de réponse ou mieux saisir la justice. Ainsi, refuser de choisir l’un de ces canaux pour répondre aux allégations du journaliste et privilégier un meeting politique dont l’ordre du jour était clair, le retour de la Constitution de 1992, le vote de la diaspora, les réformes institutionnelles et électorales, c’est faire complètement fausse route. En moins que, l’objectif visé en choisissant cette voie est de livrer le journaliste Firmin Teko-Agbo à la vindicte populaire des partisans de l’opposition comme ils savent très bien le faire.

D’ailleurs, l’appel à ses militants de s’en prendre au journaliste Firmin Teko-Agbo  a été officiellement lancé par le chef de file de l’opposition togolaise d’une manière explicite  et clair lorsqu’il lance à l’endroit du publique présent à ce meeting « c’est parce que vous le laissez, qu’il continue… ».  Un tel propos venant d’un chef de file de l’opposition aspirant à la magistrature suprême d’un pays, est d’une extrême gravité et prouve à suffisance qu’au Togo,  la politique est dans les caniveaux. Sous d’autres cieux et surtout dans les pays comme les Etats-Unis où tous les faits et gestes des prétendants à la  présidence de la République sont minutieusement scrutés, ces propos suffisent en eux-seuls pour que l’auteur n’aspire plus à une carrière politique.

Pire, le chef de file qui devrait s’abstenir de tenir certains propos ou de jeter à la vindicte populaire un journaliste qui aurait écrit contre lui,  est allé encore plus loin avec des menaces à peine voilées lorsqu’il dit en substance « ce qu’il ne veut pas voir, il va voir cela »  parlant du journaliste chroniqueur Firmin Teko-Agbo. Que veut donc insinuer Jean-Pierre Fabre à travers ces propos ? Compte-t-il  régler personnellement les comptes au journaliste, comment et par quel canal ?

Ces déclarations du Chef de File de l’Opposition togolaise n’ont pas laissées indifférents plusieurs organisations de la société civile. Ainsi, le Blog des  journalistes citoyens, des associations et groupes de défense de la liberté d’expression et des droits de l’homme condamnent à l’unanimité ces propos dangereux  et antidémocratiques du chef de file de l’opposition. Propos qui confirment selon elles, à suffisance leurs implications dans les crimes commis par leurs militants et sympathisants sur la paisible population Togolaise lors de leurs manifestations. Ces organisations demandent en outre au peuple togolais de soutenir la liberté d’expression prônée par le gouvernement Togolais et invitent le Chef de l’Etat afin que des mesures soient prises pour protéger les journalistes dans l’exercice de leur métier. Elles exigent enfin que le titre du Chef de File de l’opposition soit retiré à Jean-Pierre Fabre pour  ses propos qui ne sont pas de nature à cultiver le vivre ensembles, la paix  et la liberté d’expression au Togo.

Le Chef de File de l’opposition qui est avant tout une institution, devrait s’inspirer de l’exemple de son adversaire politique, le Président de la République Faure Gnassingbé traité de dictateur sanguinaire par certaines personnes et même une certaine presse mais qui, malgré tous les moyens dont il dispose et qu’il pouvait utiliser contre ces derniers, au contraire  fait preuve d’une sérénité, d’une maturité et surtout d’une élégance  politique pour ne pas se livrer à ce jeu de bassesse. Jean-Pierre Fabre doit aller à cette école et  orienter autrement sa communication sur les vrais enjeux politiques qui engagent le Togo.

 

                                                            E.B