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Tribune/Togo : politisation et récupération des problèmes sociaux  à  des fins politiques pour déstabiliser le pays

Contrairement aux autres semaines où seule la coalition de l’opposition manifeste, cette semaine est l’une des semaines les plus controversées et redoutées par les togolais dans leurs ensemble. Des commerçants aux parents d’élèves en passant par les malades… En effet, plusieurs fronts sont annoncés être en ébullition sur l’ensemble du territoire national.  Des mouvements d’humeur sont programmés dans les secteurs les plus sensibles du pays comme la santé, l’éducation et la fonction publique. Une coïncidence  qui ressemble plus à une récupération politique des problèmes d’ordre social pour juste déstabiliser le pays.

Bien que la pertinence des revendications des agents de ces différents secteurs sensibles comme, la fonction publique, des enseignants et surtout la santé paraissent évidentes, il se pose un sérieux problème de timing et de la coïncidence de calendriers. Pur hasard de calendrier dira certainement beaucoup de personnes mais une bonne lecture des choses et quelques exercices de rapprochement avec l’actualité politique du moment donneraient une autre lecture.

Pourquoi tous ces secteurs ont-ils subitement décidé d’aller en mouvement de grève d’une manière simultanée la même semaine alors même que les forces de l’opposition aussi ont décidé d’organiser des manifestations ?  Les mots d’ordres de grèves seraient-ils décalés juste parce qu’il y avait les manifestations politiques dans le pays ? Pourquoi ne pouvait-on pas décaler sur la semaine prochaine les manifestations à caractère social? Ces questions peuvent dans une certaine mesure paraitre assez superflues, cependant, elle vaut son pesant. En tout cas, la ficelle est un peu grosse. Et c’est bien visible ! L’une des stratégies minutieusement préparée par des forces de l’opposition avec l’appui d’une société civile acquise à leur cause est de pouvoir paralyser le pays par tous les moyens, le rendre ingouvernable.  Cette stratégie savamment planifiée par « Togo Debout », un groupe d’activistes politiques se réclamant de la société civile ou du monde syndical, vise à paralyser l’administration publique, les secteurs sensibles et clés du pays. Ceci, afin de mettre l’économie du pays  complètement à genou. Conséquence, provoquer le manque de ressources dans le trésor public, ce qui entrainerait un soulèvement populaire dans le pays dès que le gouvernement n’aurait plus les capacités de payer les fonctionnaires. Ces activistes politiques cachés sous l’étiquette de syndicalistes ou acteurs de la société civile mijotent un plan de révolution populaire qui pourrait coûter le pouvoir à Faure Gnassingbé. Des voyages pour s’inspirer de la révolution populaire au Burkina ont été faits.

« Qu’ils s’en détrompent très rapidement. Le Togo n’est pas le Burkina Faso. Le problème togolais ne peut se résoudre que par un dialogue sincère et réaliste, mais pas dans ces discours de procès, de sentence ou de dégagez du pouvoir », leur conseille, un vieil acteur politique des années 90. 

La coalition 14 a démontré son incapacité de maintenir la flamme de la mobilisation qui s’émousse manifestation après manifestation. Et la seule issue qui reste à cette opposition rejointe depuis un moment par des organisations dites de la Société civile qui ont pris faits et cause pour l’opposition, c’est de faire dans la récupération des problèmes d’ordre social à des fins politiques.

Sinon, comprendre que les secteurs qui entre simultanément en grève comme  planifié par le Togo Debout, ont pour la majeure partie de leurs leaders anciens ou acteurs soit membres du Mouvement soit très proches de celui-ci ? Pour exemple, le porte-parole  de Togo debout n’est personne d’autre que l’ancien secrétaire général du syndicat des agents hospitaliers du Togo(SYNPHOT), en la personne du Professeur David Dossey. Et quand on connait le rôle qu’il continue de jouer pour ce syndicat, il serait difficile voir naïf de vouloir  dissocier ce qui se passe cette semaine avec cette grève et le plan machiavélique planifié et mis en œuvre par Togo Debout. Et d’ailleurs, on les retrouve souvent aux manifestations de la Coalition 14 prendre la parole pour demander le départ de Faure Gnassingbé. Diantre ! Est-ce le rôle d’une organisation qui se réclame de la société civile ?

Parlant des enseignants, vue le caractère violent que les mouvements de grève de secteurs provoque avec des enfants dans les rues, comment peut-on expliquer queces syndicats de l’éducation puissent décider d’aller en grève pendant que les gens manifestent dans les rues sachant bien que les enfants se retrouveront au même moment dans la rue surtout que les portes des discussions sont encore ouvertes ? Rien ne peut et ne saura justifier que pendant qu’un nouveau cadre de discussion est ouvert, les syndicats appellent à une grève qui coïncide avec les manifestations de l’opposition.

En tout état de cause, il est évident que certains en occurrence l’opposition à travers le Front Togo Debout veulent récupérer les problèmes d’ordre social pour assouvir leurs appétits mesquins et démagogiques voir machiavéliques. Il est donc impératif que la population et les fonctionnaires qui, il est vrai, réclament des choses légitimes et qui sont en voie de résolution que ce soit dans le secteur de la santé avec le projet de contractualisation en cours et qui porte déjà des fruits, la reprise des discussions entre le gouvernement et les syndicats de l’éducation pour une solution définitive avec l’entrée en vigueur du statut, de ne pas se laisser manipuler par des gens dont l’agenda n’est forcement celui de la défense des droits des travailleurs.  Car pendant que les portes des discussions sont au haut niveau ouvertes avec le chef du gouvernement en personne, il vaut mieux privilégier le dialogue et la concertation qu’aller  se lancer dans une aventure où seules certains savent la manœuvre. La population doit rester vigilante et éviter de tomber dans le piège de ceux qui veulent utiliser ses légitimes revendications pour leurs intérêts personnels. Car, en 1992, c’est de la même manière les gens ont utilisé la grève générale illimitée pour se servir sur le dos des travailleurs qui ont souffert et continuent de souffrir des effets de cette grève.

Olivier KOUTA