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Yahya Jammeh était autant indésirable au sein de la CEDEAO ?

La détermination de la CEDEAO et l’épreuve de force engagées contre celui qui, durant 22 ans a régné d’une main de fer sur la Gambie, Yahya Jammeh, a permis d’éviter ce qui pouvait être une juriste prudence en Afrique. Le refus de céder le pouvoir au président élu après avoir reconnu sa défaite et féliciter ce dernier pour sa victoire.

Le pire a été évité au peuple gambien de justesse après une longue médiation des présidents Guinéen et Mauritanien pour convaincre Yahya Jammeh a accepter sa défaite et céder le pouvoir au président élu, Adama Barow qui a dû prêter serment  à l’ambassade de Gambie au Sénégal. Pour une fois dans l’histoire, la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest(CEDEAO) a mis tout en œuvre pour bouter dehors, un chef d’Etat qui voulait faire une épreuve de force pour se maintenir au pouvoir malgré sa défaite à une élection présidentielle que lui-même a organisée.

De souvenir, c’est la toute première fois que l’ensemble des Etats membres de la CEDEAO ont unanimement décidé de pousser dehors un des leurs jusqu’à mobiliser des troupes pour aller le dégager. Le cas de Jammeh devient un cas particulier dans la mesure où,  même les auteurs de coup d’Etat dans la zone n’ont jamais été dégagés par force par la CEDEAO, quand bien-même les présidents évincés sont démocratiquement élus.

Même s’il est évident qu’entre le Sénégal et Yahya Jammey, le torchon brûlait il y a longtemps, l’unanimité des tous les chefs d’Etats de la zone de le dégager même par force montre qu’il y avait un grand froid entre Jammeh et les autres dirigeants.

Et pour preuve, durant les 22 ans que Yahya Jammeh a régné en maître absolu sur la Gambie, l’homme n’a jamais présidé la présidence tournante de la CEDEAO et le dernier fait en date, c’est quand son tour était encore arrivé de prendre la présidence de cette organisation et qu’il a été dribblé par ses pères pour remettre la présidence de la CEDEAO  au président ghanéen John Mahama sans aucune raison valable pour justifier cette décision de retirer la présidence de la CEDEAO à Yahya Jammeh au profit de John Mahama.

Tout ceci confirme combien, beaucoup de  chefs d’Etats de la sous-région avaient une dent contre le désormais ex-homme fort de la Gambie même s’ils n’osaient pas le lui dire ouvertement. La solidarité légendaire qu’on souvent fait preuve les chefs d’Etat africains quand un des leurs est en difficulté, n’a pas été le cas pour Yahya Jammeh. Les choses étaient telles qu’on a l’impression que tous les chefs d’Etats l’ont lâché et chacun semblait le voir partir.

JCB